Foire aux questions

Peut-on donner du poisson en conserve à bébé ? Sardines, maquereaux, thon

Oui, un bébé peut manger du poisson en conserve.

Sardines, maquereau et, plus occasionnellement, thon en conserve peuvent être proposés à bébé dès que le poisson est introduit dans la diversification, à partir de 4-6 mois. C’est un poisson déjà cuit, pratique et économique, qui se garde longtemps dans le placard.

Les sardines et le maquereau sont des poissons gras : ils apportent des oméga-3 à longue chaîne (EPA et DHA), importants pour le développement du cerveau et de la vision. Ils apportent aussi de la vitamine D, des protéines de bonne qualité, de l’iode et du sélénium. Les sardines mangées avec leurs arêtes (écrasées) apportent en plus du calcium.

La recommandation générale : du poisson 2 fois par semaine, dont un poisson gras, en variant les espèces. Une portion de sardines ou de maquereau en conserve compte comme ce poisson gras de la semaine.

Quelle quantité ? Le poisson se compte dans la ration de protéines animales du jour (viande, poisson ou œuf), qui reste petite chez le tout-petit : environ 10 g (2 cuillères à café) de 6 à 12 mois, 20 g (4 cuillères à café) vers 1 à 2 ans, puis 30 g entre 2 et 3 ans.

Quelles conserves de poisson privilégier ?

Pour bébé, comme pour nous, on mise en priorité sur les petits poissons gras : sardines et maquereau. Le thon reste possible, mais de temps en temps et en petite quantité.

Pourquoi ? Le mercure (sous forme de méthylmercure) s’accumule le long de la chaîne alimentaire. Plus un poisson est gros, vit longtemps et mange d’autres poissons, plus il en concentre. Sardines et maquereaux sont petits, vivent peu de temps et se nourrissent de plancton : ils sont peu contaminés. Le thon, lui, est un prédateur.

L’ANSES recommande, pour les enfants de moins de 3 ans, d’éviter l’espadon, le marlin, le requin et la lamproie, et de limiter les poissons prédateurs sauvages comme le thon, la bonite, la lotte, le bar ou la daurade (Anses).

NB : nous proposons quelques recettes avec du thon, de façon occasionnelle. Vous pouvez tout à fait remplacer le thon par des sardines ou des maquereaux dans ces recettes !

Bien choisir ses sardines et maquereaux en conserve

En bref : des sardines ou maquereaux au naturel ou à l’huile d’olive, nature (sans sauce ni aromates), idéalement cuits à la vapeur. Le bocal est un plus, la boîte métallique convient très bien.

Au naturel ou à l’huile d’olive ?

Les deux conviennent à bébé.

  • Au naturel (ou au citron) : pas d’huile ajoutée, un goût plus neutre, et le profil en oméga-3 du poisson est préservé. On ajoute ensuite soi-même la matière grasse de son choix dans l’assiette de bébé.
  • À l’huile d’olive : très bien aussi, de préférence vierge extra. L’huile d’olive est riche en acides gras mono-insaturés et se mélange bien aux purées. On peut réutiliser l’huile de la boîte.
  • À éviter : l’huile de tournesol (ou « huile végétale » sans précision). Riche en oméga-6, elle migre en partie dans le poisson et déséquilibre son profil lipidique, alors qu’on cherche justement les oméga-3.

Les versions à la tomate, à la moutarde, au vin blanc, aux épices ou cuisinées sont à éviter : elles contiennent parfois des aliments inadaptés pour les tout-petits, souvent plus de sel, parfois du sucre ajouté et d’autres huiles. Le réflexe : lire la liste d’ingrédients, qui doit rester courte (sardines ou maquereaux, huile ou eau, sel).

Le mode de cuisson : vapeur plutôt que frites

Avant la mise en boîte, les poissons sont soit cuits à l’eau ou à la vapeur, soit frits. La cuisson vapeur préserve mieux le profil lipidique et n’ajoute pas de graisse de friture (parfois de l’huile de tournesol).

Sardines à l’huile : la grande majorité des sardines à l’huile classiques sont pré-frites dans un bain d’huile (souvent de tournesol ou d’huile végétale) avant d’être mises en boîte. Cherchez la mention « cuit(e)s à la vapeur » sur l’étiquette.

Sardines « au naturel » : elles sont conservées simplement dans l’eau, le sel ou un court-bouillon, elles ne sont presque jamais pré-frites.

💡 « Préparé(e)s à l’ancienne » veut souvent dire que les sardines sont frites à l’huile de tournesol avant la mise en boîte, selon la méthode traditionnelle.

Sans mention, le mode de cuisson n’est pas toujours indiqué : ce n’est pas grave, ce critère reste un bonus.

Boîte ou bocal ?

Le bocal en verre est l’option idéale : le verre est inerte, qui n’interagit pas avec les aliments (au contraire du revêtement intérieur des boîtes métalliques). Néanmoins, les poissons en bocal sont beaucoup plus difficiles à trouver, surtout en y associant les choix “au naturel” et “à la vapeur”. Et souvent plus chers !

La boîte métallique reste un très bon choix. En France, le bisphénol A est interdit dans les contenants alimentaires depuis 2015. Après ouverture, on transfère les restes dans un récipient en verre fermé, au réfrigérateur, et on les consomme sous 48 heures (ou on congèle).

Et les arêtes ?

Les arêtes, devenues tendres avec la stérilisation, sont riches en calcium. Pour bébé, on peut les mixer dans la purée ou les écraser très finement à la fourchette avec la chair. Pour un bébé qui débute, on peut retirer l’arête centrale.

☝️ Et surtout : même une sardine ou un maquereau qui ne coche pas toutes les cases reste un excellent aliment pour bébé. Le plus important, c’est d’en proposer !

Bien choisir son thon en conserve

Le thon peut être proposé à bébé de temps en temps, en petite quantité, en choisissant du thon listao au naturel.

  • Le listao (ou « bonite à ventre rayé ») est une petite espèce de thon, à croissance rapide et à vie courte : c’est le moins contaminé en mercure.
  • L’albacore (thon jaune, qui peut dépasser 2 m et 200 kg) et le germon (thon blanc) sont plus gros et vivent plus longtemps : ils accumulent davantage de mercure. On les évite chez le tout-petit.
  • L’espèce figure obligatoirement sur l’étiquette : on cherche « listao » ou le nom latin Katsuwonus pelamis.
  • Au naturel plutôt qu’à l’huile, car le thon à l’huile est presque toujours à l’huile de tournesol. On évite également le thon à la tomate, à la catalane ou en miettes cuisinées.

Quelle fréquence ? Limitez le thon à deux portions maximum les semaines où vous en proposez, et pas toutes les semaines.

Et le sel ?

Les poissons en conserve sont salés, y compris « au naturel » (le poisson passe dans une saumure avant la mise en boîte). Mais aux petites quantités proposées à bébé, ce n’est pas un frein.

  • Les ordres de grandeur : on trouve souvent autour de 1 g de sel pour 100 g, avec de grands écarts selon les produits. Pour une portion de 10 à 20 g, cela représente environ 0,1 à 0,2 g de sel.
  • Comparer les étiquettes : la ligne « sel » du tableau nutritionnel permet de choisir le produit le moins salé. Les versions cuisinées (tomate, épices, vin blanc) le sont généralement plus.
  • Bien égoutter : pour le thon au naturel, on peut aussi le rincer rapidement sous l’eau.

Bio ou pas bio ?

Un poisson sauvage ne peut pas être bio : la pêche d’espèces sauvages est exclue du label, car on ne peut pas contrôler ce que mange le poisson ni son milieu (economie.gouv.fr).

  • Sur une boîte de sardines « bio », le label garantit que les ingrédients qui accompagnent le poisson (huile d’olive, citron, tomate…) sont issus de l’agriculture biologique, pas la sardine elle-même.
  • Ce que ça change : une huile d’olive bio, ce qui est un plus si l’on consomme l’huile. Pour des sardines au naturel, l’intérêt est limité.
  • Ce que ça ne change pas : le niveau de mercure ou de polluants du poisson, qui dépend de l’espèce, de sa taille et de sa zone de pêche.

Plus parlant pour le poisson : les labels de pêche durable (MSC, par exemple), l’origine (Atlantique Nord-Est, Méditerranée) et la méthode de pêche indiquées sur l’étiquette.

Récap pour faire ses courses

  • Sardines ou maquereau en priorité
  • Au naturel ou à l’huile d’olive vierge extra
  • Nature, liste d’ingrédients courte
  • Mention « cuites à la vapeur » si possible
  • Bocal en verre si le budget le permet
  • Le moins de sel possible sur le tableau nutritionnel
  • Bio : un plus pour l’huile, pas pour le poisson

Sources

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