Troubles de l’oralité alimentaire : quand consulter ?

Les troubles de l’oralité alimentaire, également connus sous le nom de dysoralités, peuvent poser de vrais défis lorsqu’il s’agit de nourrir son bébé. Ces troubles se manifestent par des difficultés à accepter certains aliments, à mâcher, à avaler ou à s’adapter à différentes textures. Pour les parents, cela peut être source de préoccupation et de frustration !

Cependant, il est essentiel de comprendre que les troubles de l’oralité alimentaire, aussi abrégés « TOA« , sont plus que de simples caprices ou refus alimentaires. Ils peuvent avoir des causes complexes et nécessitent une approche adaptée pour aider les bébés à surmonter ces difficultés.

Il est recommandé de consulter un professionnel de santé si vous observez les signes suivants chez votre enfant :

Signes et symptômes des troubles de l'oralité alimentaire chez le bébé

Signes et symptômes des troubles de l’oralité alimentaire​

⚠️ Avant de vous les présenter, il est important de noter que la présence de l’un de ces signes ne confirme pas nécessairement la présence d’un trouble de l’oralité alimentaire. Ces signes doivent être évalués dans leur contexte global et nécessitent souvent une observation continue et une évaluation approfondie par un(e) professionnel(le) de santé spécialisé dans les troubles de l’alimentation infantile. Les parents peuvent consulter leur pédiatre ou leur médecin traitant. Celui-ci examinera attentivement l’état de santé global de l’enfant, effectuera des examens physiques et pourra orienter vers les bons spécialistes : orthophoniste, diététicien(ne), ergothérapeute, etc.

Refus alimentaires persistants​

Si votre bébé présente une tendance à refuser de nombreux types d’aliments, en particulier ceux avec des textures ou des goûts nouveaux, il est possible qu’il soit atteint de troubles de l’oralité alimentaire (TOA). Par exemple, il peut manifester une aversion marquée pour certaines catégories alimentaires comme les légumes ou les aliments solides. Vous pourriez constater que son « catalogue alimentaire » est très limité, avec moins de 20 aliments différents à l’âge de 18 mois.

Dans de tels cas, il est conseillé de consulter un professionnel de la santé pour évaluer la situation et obtenir des conseils spécifiques adaptés à votre bébé.

Difficultés de mastication et de déglutition

Votre bébé peut rencontrer des difficultés à mâcher correctement les aliments ou à les avaler de manière coordonnée. Il peut avoir du mal à maîtriser les mouvements de sa langue, de ses lèvres et de sa mâchoire nécessaires pour une mastication efficace. 

Par exemple, votre bébé peut rencontrer des difficultés à avaler les aliments et stocker la nourriture longtemps dans la bouche sans l’avaler, ou recracher après avoir fait une tentative de déglutition.

Votre bébé peut aussi tousser ou s’étouffer fréquemment pendant les repas, car il n’a pas réussi à réduire suffisamment son bol alimentaire. Il peut avoir du mal à écraser les aliments avec ses gencives ou à les réduire en petites particules avant de les avaler.

Si vous observez ces comportements chez votre bébé, il est important de consulter un professionnel de la santé pour obtenir un soutien spécialisé.

Hypersensibilité sensorielle​

Certains bébés peuvent présenter une hypersensibilité à certaines sensations alimentaires, comme les textures, les températures ou les goûts. Ils réagissent parfois de manière négative en recrachant ou en crachant les aliments, en montrant des signes de dégoût ou en se crispant face à ces stimuli sensoriels.

Par exemple, ils peuvent présenter un réflexe nauséeux important, des vomissements, des régurgitations fréquentes, une toux lorsqu’ils sont exposés à certains aliments ou certaines textures.

Cela peut aussi se manifester par un refus de toucher certaines matières, par exemple des objets ou aliments collants, fluides ou mouillés. De plus, certains bébés peuvent ressentir un besoin viscéral de se laver les mains au moindre contact avec de la nourriture.

Si vous remarquez ces réactions chez votre bébé, il est important de consulter un professionnel de la santé qui pourra vous guider et vous fournir un soutien adapté.

Problèmes de croissance et de prise de poids​

Les troubles de l’oralité alimentaire peuvent avoir un impact significatif sur la nutrition des bébés, ce qui peut entraîner des difficultés à obtenir une alimentation adéquate. Cela se traduit souvent par des problèmes de croissance, un faible gain de poids ou même un retard de croissance. Vous pourriez également constater qu’il manque d’énergie ou qu’il est fatigué plus rapidement que les autres bébés.

Il est crucial de surveiller attentivement la courbe de poids de votre bébé et de réagir rapidement si vous observez une cassure ou qu’elle ne suit pas son couloir.

Retard de développement alimentaire​

Votre bébé, s’il est atteint de troubles de l’oralité alimentaire, peut présenter un retard dans son développement alimentaire par rapport à d’autres enfants du même âge. Il peut éprouver des difficultés à passer des aliments liquides aux solides, montrer un manque d’intérêt pour l’alimentation autonome ou avoir du mal à progresser dans la diversification alimentaire.

Par exemple, vous pourriez constater que votre bébé refuse de passer des purées aux aliments texturés, que ce soit des purées moulinées ou des petits morceaux, préférant rester dans sa zone de confort avec des aliments liquides ou lisses. Il pourrait également manifester un manque d’intérêt pour tenir lui-même une cuillère ou saisir des aliments avec ses mains. Vous pourriez aussi constater que votre bébé n’explore pas activement les jouets ou les aliments avec sa bouche et préfère simplement les tenir ou les regarder.

Si vous observez chez votre bébé ces signes d’absence d’exploration orale et tactile, il est important d’en parler à votre pédiatre.

Absence de plaisir à manger

Les repas de votre bébé peuvent devenir source de stress et de conflits lorsque vous remarquez qu’il prend un temps anormalement long pour manger (plus de 30 à 45 minutes), ou qu’il n’éprouve pas de plaisir à manger ou à téter. Votre bébé peut téter ou mâcher très lentement, jouer avec la nourriture ou se concentrer sur d’autres choses plutôt que de manger. Vous avez besoin de le distraire pour lui faire manger quelques bouchées, par exemple avec des jouets ou un écran.

Vous pourriez alors vous retrouver dans une situation où chaque repas devient une lutte, avec des pleurs et des comportements de résistance. L’expérience du repas n’est pas agréable. Ces comportements peuvent être frustrants et épuisants pour les parents !

Mais il faut se rappeler que ces difficultés peuvent être liées à d’autres causes : il est recommandé de consulter un professionnel de santé pour évaluer la situation, comprendre les causes sous-jacentes et mettre en place des stratégies adaptées pour faciliter les repas et rendre l’expérience alimentaire plus agréable pour votre bébé. En travaillant avec des professionnels, vous pourrez trouver des solutions personnalisées pour aider votre bébé à développer une relation positive avec la nourriture et à retrouver du plaisir lors des repas.

L’évaluation et le diagnostic précis des troubles de l’oralité alimentaire chez les bébés sont essentiels pour comprendre les difficultés alimentaires spécifiques auxquelles ils sont confrontés. Une fois l’évaluation terminée, un plan de traitement individualisé pourra être élaboré, impliquant souvent une approche multidisciplinaire avec l’intervention de différents professionnels de la santé, tels que des diététicien(ne)s nutritionnistes, des orthophonistes, des ergothérapeutes, des psychologues et des pédiatres spécialisés dans les troubles de l’alimentation infantile.

💡 Votre enfant peut refuser de manger, sans pour autant souffrir de TOA. C’est assez fréquent que les bébés passent par ces périodes, souvent transitoires ! Si tel est le cas, voici 9 conseils pour l’encourager à manger et lui (re)donner l’appétit.

Importance du soutien et de la patience

Lorsqu’il s’agit de faire face aux troubles de l’oralité alimentaire chez les bébés, le soutien émotionnel et la patience jouent un rôle crucial. Il est essentiel que les parents et les aidants comprennent que les troubles de l’oralité alimentaire sont réels et complexes. En reconnaissant que ces difficultés sont souvent hors du contrôle du bébé, il devient plus facile d’adopter une approche bienveillante et compréhensive. Offrir un soutien émotionnel et une présence rassurante pendant les repas peut aider le bébé à se sentir en sécurité et à développer une relation positive avec la nourriture.

La gestion des troubles de l’oralité alimentaire peut être un processus long et progressif. Il est important de rester patient et persévérant, car les progrès peuvent prendre du temps. Chaque bébé évolue à son propre rythme, et il est important de respecter son individualité et de ne pas se décourager face aux obstacles rencontrés. En restant patient, on crée un environnement propice à l’apprentissage et à l’exploration alimentaire du bébé.

Évitez les pressions excessives pour que le bébé mange ou goûte certains aliments. Forcer ou insister de manière coercitive peut aggraver l’anxiété alimentaire et entraîner des réactions négatives. Au lieu de cela, adoptez une approche positive et encourageante, en valorisant les efforts du bébé et en célébrant les petits progrès réalisés. Créez un environnement agréable et sans stress pendant les repas, en favorisant l’interaction sociale et en faisant de l’alimentation une expérience agréable.

Encore une fois, n’hésitez pas à rechercher le soutien de professionnels de santé spécialisés dans les troubles de l’oralité alimentaire. Les diététiciens, les orthophonistes, les ergothérapeutes, les psychomotriciens et les psychologues peuvent fournir des conseils, des stratégies et des interventions spécifiques adaptées aux besoins du bébé. Ils peuvent également aider à évaluer les progrès du bébé et à ajuster le plan de traitement en conséquence. Ne sous-estimez pas l’importance de bénéficier d’un accompagnement professionnel pour vous guider tout au long du processus !

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